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16. Mai 2022

GNOME : l'indexation avec Tracker

Posté le 16. Mai 2022  •  6 minutes  • 1143 mots  • Autres langues:  English
Cet article est réalisé dans le contexte logiciel de Ubuntu 22.04 avec GNOME 42.0. Il n'y a rien à installer, il est ici question de fonctionnalités natives.

À quoi sert Tracker

Tracker est l’outil d’indexation de fichiers de l’environnement de bureau GNOME et par conséquent celui de Nautilus (le gestionnaire de fichiers de GNOME).

Tracker (dans sa version 3) est particulièrement puissant, peu gourmand et extrêmement rapide (surtout sur du matériel récent).

Tracker ne se contente pas de chercher un fichier via un nom et/ou un emplacement, il effectuera la recherche dans les contenus et les métadonnées. Ainsi, vous pourrez retrouver un fichier mp3 avec le nom de l’artiste, un document PDF avec une expression dans un paragraphe ou l’auteur du document… .

demo tracker3

Son fonctionnement

Tracker utilise un système d’index et c’est ce qui lui permet une telle instantanéité. Il va lire son index et rechercher dans les métadonnées et contenus les correspondances avec votre recherche. Cet index est mis à jour automatiquement et en temps réel dès qu’un fichier est ajouté ou modifié dans un emplacement indexé. La recherche est donc toujours précise et à jour.

Attention, Tracker n’est pas fait pour indexer des millions de petits fichiers comme ceux d’un code source volumineux. Il reste un outil fait pour un environnement de bureau et les fichiers s’en rapportant. Voici un extrait de la documentation à ce propos 1 :

When you add or edit files, Tracker Miner FS will update its index. This should be very quick, but if a huge number of files are added then it may cause noticably high CPU and IO usage until the new files have been indexed. This is normal. Tracker is not designed to index directories of source code or video game data. If content like this appears in the locations it is configured to index then you might see unwanted high resource usage.

Le cas des TAGS dans Nautilus

Tracker gère les tags, mais les développeurs de Nautilus ont décidé (depuis la v3.26) de ne plus les prendre en charge comme avant et d’utiliser un tag unique : “favoris”. C’est donc par le système de tag de Tracker que vous pouvez mettre des fichiers et dossiers en favoris dans Nautilus. Si vous souhaitez utiliser des tags personnalisés il faudra donc vous tourner vers un autre gestionnaire de fichiers ou des hacks de Nautilus.

Tracker par l’interface graphique

Par l’interface graphique vous n’aurez accès qu’à un seul réglage (le plus important), celui des répertoires à intégrer dans l’index de Tracker. Pour cela, rendez-vous dans les paramètres de GNOME, dans la catégorie Recherche puis en haut vous trouverez Emplacement de la recherche.

reglage indexation 1

reglage indexation 2

Les onglets correspondent juste à des emplacements prédéfinis que vous pouvez indexer ou non :

Enfin, ça n’a pas grande utilité mais sachez que les emplacements sont également accessibles par le gestionnaire de variables dconf-editor :

reglage dconf

Tracker en ligne de commande

Via votre terminal vous disposerez de bien plus d’options. Je vous mets ici quelques commandes utiles afin de vous faciliter la vie !

Si vous souhaitez réinitialiser l’index, il se reconstruira automatiquement au bout de quelques secondes. Vous pourrez alors suivre l’activité avec tracker3 daemon -w :

Indexation init

Dans mon cas, mon index est composé de 18 740 fichiers et 1844 dossiers dont l’indexation (on parle de contenu + metadonnées) prend environ 2 minutes (i7-1185@3.0GHz + 16Go RAM + SSD NVMe) sans aucun ralentissement sur le reste du système.

En effet, écrit en C, tracker3 est trés performant et bien pensé, les processus de tracker3 s’exécutent avec une priorité très basse : nice+19. L’utilisation de la RAM n’a pas dépassé 15Mo (sur 16Go) lors de la réindexation des 18 000 fichiers et est autour de 1 à 2Mo sur une activité normale (hors réindexation complète du système).

Porcessus tracker3

Problème de performance

Vous ne devriez avoir aucun problème de performance avec la version 3 de Tracker, toutefois si c’était le cas, pensez à :

Pour vous aider dans la vérification des processus, sachez que tracker3 en est composé de plusieurs, ce qui le rend résilient et évite que le démon ne tombe si un processus crash.

Processus principaux de tracker3 :

Sécurité et données

Vous l’aurez déduit en lisant mon article, tracker3 contient des informations critiques et confidentielles puisqu’il lit et indexe non seulement les métadonnées mais également le contenu de vos documents et fichiers. C’est pourquoi il est recommandé de chiffrer le contenu complet de votre PC et non pas simplement un répertoire. Pensez qu’il est aussi possible d’indexer un répertoire qui serait disponible sur le réseau… . Une fois de plus, le chiffrement de vos PC personnels ou professionnels et toujours indispensable.

Si certaines données sont vraiment trop critiques, pensez à simplement les sortir du répertoire indexé et à réinitaliser votre index 👍

Désactiver Tracker

Il est toujours possible de supprimer tracker3 mais c’est fortement déconseillé par la documentation de GNOME car tracker3 est une dépendance centrale dans GNOME donc vous aurez certainement des effets de bord.

Optez plutôt pour la désindexation des répertoires voire la désactivation de la recherche dans Fichiers dans les paramètres de GNOME dans la partie Recherche.


  1. Source ↩︎

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